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Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.38/2019
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Bundesgericht

Tribunal fédéral

Tribunale federale

Tribunal federal

               

5A_38/2019

Arrêt du 27 septembre 2019

IIe Cour de droit civil

Composition

MM. les Juges fédéraux Herrmann, Président,

Schöbi et Bovey.

Greffière : Mme Hildbrand.

Participants à la procédure

A.________,

représenté par Me Gaétan Droz, avocat,

recourant,

contre

B.________,

représentée par Me Diane Broto, avocate,

intimée,

C.________ et D.________,

toutes les deux représentées par Me Raffaella Meakin, curatrice,

Objet

mesures protectrices de l'union conjugale (entretien, provisio ad litem,
dépens),

recours contre l'arrêt de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de
Genève du 14 novembre 2018 (C/4354/2014, ACJC/1607/2018).

Faits :

A.

A.a. A.________, né en 1969 et B.________, née en 1973, tous deux de
nationalité américaine et italienne, se sont mariés en 2002 à U.________
(Australie).

Deux enfants sont issues de cette union, à savoir C.________, née en 2009, et
D.________, née en 2011, toutes deux à V.________ (Etats-Unis) et de
nationalités américaine, italienne et australienne.

Après avoir vécu à V.________, la famille s'est installée à Genève en avril
2011 en raison de l'activité professionnelle de B.________.

A.b. Les parties s'étant successivement, en octobre 2013 et août 2015, rendues
à l'étranger avec les enfants avec l'intention de s'y établir, sans l'accord de
l'autre, le Tribunal de première instance du canton de Genève (ci-après:
Tribunal) a été saisi à plusieurs reprises de requêtes de mesures
superprovisionnelles et de mesures protectrices de l'union conjugale
introduites par les deux parties et qui ont donné lieu à plusieurs ordonnances
du Tribunal et à un arrêt de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après:
Cour de justice).

A.c. Par ordonnance du 19 janvier 2017, le Tribunal a désigné Me Raffaella
Meakin en qualité de curatrice de représentation des enfants dans le cadre de
la procédure.

A.d. Par jugement du 20 février 2018, le Tribunal, statuant sur mesures
protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à B.________ l'autorité
parentale exclusive ainsi que la garde sur les mineures C.________ et
D.________ (chiffre 1 du dispositif), dit que le domicile légal de ces
dernières était auprès de leur mère (ch. 2), fait interdiction à cette dernière
de déplacer le lieu de résidence des enfants (ch. 3), ordonné à Me E.________
de remettre en mains de B.________ les documents d'identité américains,
italiens et australiens des mineures C.________ et D.________ qui avaient été
déposés auprès de lui (ch. 4), réservé à A.________ un droit de visite sur les
enfants dont les modalités d'exercice ont été précisées (ch. 5 et 6), condamné
A.________ à payer en mains de B.________, par mois et d'avance, allocations
familiales non comprises, la somme de 1'750 fr. pour l'entretien de C.________
dès le 1er septembre 2017 (ch. 18), la somme de 1'550 fr. pour l'entretien de
D.________ dès le 1 ^er septembre 2017 (ch. 19), arrêté les frais judiciaires à
48'274 fr. qu'il a compensés avec les avances fournies par les parties et les a
mis à la charge de ces dernières pour moitié chacune, condamné par conséquent
A.________ à verser aux Services financiers du Pouvoir judiciaire un montant de
22'137 fr. à ce titre, condamné B.________ à verser un montant de 10'837 fr. au
même titre (ch. 21) et dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 22). 

B. 

Statuant par arrêt du 14 novembre 2018, communiqué aux parties le 10 décembre
2018, sur les appels interjetés contre cette décision respectivement par
A.________ et par les mineures C.________ et D.________, représentées par leur
curatrice, la Cour de justice a annulé les chiffres 1, 3 à 6 ainsi que 18, 19
et 22 du dispositif du jugement de première instance qu'elle a réformés en ce
sens notamment que l'autorité parentale conjointe a été maintenue, qu'une garde
alternée a été instaurée sur les enfants dont elle a précisé les modalités
d'exercice, que A.________ a été condamné à verser en mains de B.________, par
mois et d'avance, dès le 1 ^er septembre 2017, allocations familiales non
comprises, la somme de 1'490 fr. à titre de contribution à l'entretien de
C.________ et de 1'372 fr. à titre de contribution à l'entretien de D.________
et condamné B.________ à verser à A.________ la somme de 18'000 fr. à titre de
dépens de première instance et de 6'000 fr. à titre de dépens d'appel. 

C. 

Par acte du 10 janvier 2019, A.________ interjette un recours en matière civile
au Tribunal fédéral contre l'arrêt du 14 novembre 2018. Il conclut à son
annulation et à sa réforme en ce sens qu'il lui est donné acte de son
engagement à verser, par mois et d'avance, en mains de B.________, à compter du
1 ^er septembre 2017, la somme de 900 fr. 50 à titre de contribution à
l'entretien de C.________ et de 782 fr. 50 à titre de contribution à
l'entretien de D.________, que B.________ est condamnée à lui verser une 
provisio ad litem d'un montant de 100'000 fr. ainsi qu'un montant de 75'000 fr.
à titre de dépens de première instance et d'appel. Préalablement, il requiert
l'octroi de l'effet suspensif à son recours. 

Invitées à se déterminer, l'intimée a conclu au rejet du recours alors que la
Cour de justice et la curatrice des enfants s'en sont rapportées à justice.

Les parties ont répliqué et dupliqué les 25 juillet et 9 août 2019. Le
recourant s'est encore déterminé le 23 août 2019.

D. 

Par ordonnance présidentielle du 5 février 2019, l'effet suspensif a été
octroyé s'agissant des arriérés de contributions d'entretien dues jusqu'à la
fin du mois de décembre 2018 et rejeté pour les montants dus à ce titre à
compter du 1 ^er janvier 2019. 

Considérant en droit :

1. 

Déposé en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme légale (art. 42 al.
1 LTF), le recours est dirigé contre une décision finale (art. 90 LTF; ATF 133
III 393 consid. 4) prise sur recours par une autorité supérieure statuant en
dernière instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire
matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF; ATF 133 III 393 consid. 2) de nature
pécuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 let.
a, 51 al. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a participé à la procédure
devant l'autorité précédente et a un intérêt digne de protection à la
modification ou l'annulation de la décision entreprise (art. 76 al. 1 let. a et
b LTF). Le recours est donc en principe recevable au regard des dispositions
qui précèdent.

2.

2.1. Comme la décision attaquée porte sur des mesures provisionnelles au sens
de l'art. 98 LTF (ATF 134 III 667 consid. 1.1; 133 III 393 consid. 5, 585
consid. 3.3), la partie recourante ne peut dénoncer que la violation de droits
constitutionnels. Le Tribunal fédéral n'examine de tels griefs que s'ils ont
été invoqués et motivés par le recourant (" principe d'allégation "; art. 106
al. 2 LTF), c'est-à-dire s'ils ont été expressément soulevés et exposés de
manière claire et détaillée (ATF 142 II 369 consid. 2.1; 142 III 364 consid.
2.4). Le recourant ne peut se borner à critiquer la décision attaquée comme il
le ferait en procédure d'appel, où l'autorité de recours jouit d'une libre
cognition, notamment en se contentant d'opposer sa thèse à celle de l'autorité
précédente; les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 142 III
364 consid. 2.4).

2.2. Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité
précédente (art. 105 al. 1 LTF). Le recourant qui entend invoquer que les faits
ont été établis de manière manifestement inexacte ne peut se limiter à
contredire les constatations litigieuses par ses propres allégations ou par
l'exposé de sa propre appréciation des preuves; il doit indiquer de façon
précise en quoi ces constatations sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst.
(ATF 133 II 249 consid. 1.4.3). Une critique des faits qui ne satisfait pas à
cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 141 IV 249 consid.
1.3.1; 140 III 264 consid. 2.3 et les références).

En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, il n'y a
arbitraire que lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans raison sérieuse,
un élément de preuve propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe
manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur
les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 143
IV 500 consid. 1.1 et la référence).

3. 

Le recourant se plaint en premier lieu d'une " violation des règles
élémentaires de l'arithmétique " dans le calcul des contributions dues à
l'entretien de ses filles, laquelle serait constitutive d'arbitraire au sens de
l'art. 9 Cst. Pour le même motif, il soulève un grief d'arbitraire dans
l'application des art. 276 al. 2 et 285 al. 1 CC, applicables par renvoi de
l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC.

3.1. Il relève que la cour cantonale a retenu que les parties ont toutes deux
des disponibles confortables et prennent en charge les enfants de manière
équivalente, de sorte qu'il se justifiait que chacune participe à hauteur de la
moitié à la couverture des besoins des enfants. Cela étant, il estime que le
calcul auquel a procédé la Cour de justice ne conduit absolument pas à la
participation par moitié de chaque parent voulue par cette dernière. En effet,
en divisant par deux le montant du budget total des enfants et en le condamnant
à payer la moitié de ce montant en mains de l'intimée, la cour cantonale
n'avait pas tenu compte du fait qu'il payait déjà directement une partie des
frais compris dans le budget des enfants, soit la moitié de leur entretien
courant lorsqu'il en avait la garde et leur part à son propre loyer. De fait,
en appliquant la décision entreprise, il était amené à contribuer pour plus du
double à l'entretien de ses filles dès lors qu'il s'acquittait deux fois de ces
postes de charges.

3.2. Le grief du recourant est fondé. La cour cantonale a clairement retenu que
la charge financière des enfants devait être répartie par moitié entre les
parents dès lors qu'ils bénéficiaient tous deux de disponibles confortables et
prenaient en charge les enfants de manière équivalente. A cet égard, elle a
d'ailleurs retenu que le recourant bénéficiait d'un disponible mensuel de 6'140
fr. contre 5'035 fr. pour l'intimée et non de 12'000 fr. comme le soutient
l'intimée en se fondant sur un revenu qui n'est plus d'actualité. Le calcul
auquel elle a procédé sur la base de cette appréciation est cependant
manifestement erroné dès lors qu'il ne conduit pas au résultat souhaité.

En effet, en établissant les charges mensuelles des enfants à 3'279 fr. pour
C.________ (400 fr. [entretien de base selon les normes OP] + 584 fr.
[participation de 15% au loyer de sa mère] + 389 fr. [participation de 15% au
loyer de son père] + 119 fr. [prime d'assurance-maladie] + 3 fr. [frais
médicaux non remboursés] + 1'534 fr. [frais de scolarité] + 250 fr. [frais de
loisirs]) et à 3'043 fr. pour D.________ (400 fr. [entretien de base selon les
normes OP] + 584 fr. [participation de 15% au loyer de sa mère] + 389 fr.
[participation de 15% au loyer de son père] + 119 fr. [prime
d'assurance-maladie] + 20 fr. [frais médicaux non remboursés] + 1'281 fr.
[frais de scolarité] + 250 fr. [frais de loisirs]) - dont elle a déduit 300 fr.
d'allocations familiales -, puis en mettant la moitié de ces montants à charge
du recourant à titre de contribution à l'entretien de ses filles, la cour
cantonale a procédé à une répartition arbitraire de la couverture des besoins
financiers des enfants entre leurs parents. Certes, il est admis que l'intimée
s'occupe des questions administratives liées aux enfants et doit par conséquent
effectuer les paiements y relatifs. Cela justifie toutefois uniquement que le
recourant lui verse la moitié des primes d'assurance-maladie, des frais
médicaux non remboursés, des frais de scolarité et des frais de loisirs des
enfants. Eu égard au fait qu'il dispose d'un disponible similaire à celui de
l'intimée et s'occupe dans une même proportion des enfants, il n'a en revanche
pas à payer la moitié de l'entretien courant des enfants dès lors qu'il assume
déjà la moitié de ces frais lorsqu'il en a la garde. Quant à la participation
des enfants aux loyers de leurs parents, cette charge doit être répartie par
moitié entre les deux parents. Chaque parent devrait donc s'acquitter de 486
fr. 50 [ (584 fr. + 389 fr.) / 2] par enfant. Or, comme le recourant paie déjà
son propre loyer, seule la différence entre ce montant et la part due par
chaque enfant à sa charge de loyer, à savoir un montant mensuel de 97 fr. 50
(486 fr. 50 - 389 fr.) doit être versé par ses soins en mains de l'intimée.
Enfin, il convient de relever que l'allégation de l'intimée selon laquelle le
recourant n'aurait aucunement participé aux charges fixes de ses filles depuis
la séparation des parties en octobre 2013 jusqu'en juillet 2018 et dont elle
semble se prévaloir pour qu'il assume une part plus élevée qu'elle de
l'entretien financier des enfants, n'est pas établie. Par ailleurs, comme le
relève à juste titre le recourant, l'intimée n'a pas fait appel pour contester
le dies a quo des contributions d'entretien dues à ses filles.

En conséquence, seul un montant mensuel de 900 fr. 50 (97 fr. 50 [participation
au loyer de l'intimée] + (119 fr. [prime d'assurance-maladie] + 3 fr. [frais
médicaux non remboursés] + 1'534 fr. [frais de scolarité] + 250 fr. [frais de
loisirs] - 300 fr. [allocations familiales]) / 2) doit être mis à la charge du
recourant pour l'entretien de C.________ et de 782 fr. 50 (97 fr. 50
[participation au loyer de l'intimée] + (119 fr. [prime d'assurance-maladie] +
20 fr. [frais médicaux non remboursés] + 1'281 fr. [frais de scolarité] + 250
fr. [frais de loisirs] - 300 fr. [allocations familiales]) / 2) pour celui de
D.________.

4. 

Le recourant soulève ensuite un grief d'application arbitraire des art. 159 al.
3, 163, 172 al. 1 et 176 al. 1 ch. 1 CC au motif que la cour cantonale a refusé
de lui allouer une provisio ad litem.

4.1. Il relève que, dans un premier jugement du 19 juin 2015, le Tribunal avait
refusé de lui octroyer une provisio ad litem au motif qu'il était en mesure de
couvrir ses frais de procès par ses propres moyens. Statuant sur appel le 5
janvier 2016, la Cour de justice avait renvoyé la cause au Tribunal pour qu'il
statue notamment sur la question de l'éventuel octroi en sa faveur d'une 
provisio ad litem " compte tenu de sa nouvelle situation financière ". Le 6
février 2017, il avait déposé une requête tendant à l'obtention de l'assistance
juridique, procédure qui avait été suspendue précisément au motif que son
épouse était à la tête d'une importante fortune et avait un revenu confortable,
de sorte qu'elle disposait des moyens nécessaires pour assurer le paiement des
honoraires de son mari. Autant le Tribunal que la Cour de justice avaient
pourtant considéré qu'il n'y avait plus lieu de trancher la question de
l'octroi d'une telle avance dans la mesure où la procédure était arrivée à son
terme. Or, les mesures protectrices de l'union conjugale avaient justement pour
vocation de s'appliquer durant la procédure de divorce et jusqu'à ce que
celle-ci arrive à son terme, de sorte que la cour cantonale lui avait opposé à
tort que la procédure était terminée. L'absence de décision sur la question de
la provisio ad litem l'avait également empêché de voir ses frais de défense
pris en charge par l'assistance juridique puisque celle-ci avait subordonné la
prise de sa décision à celle sur la provisio ad litem. Il s'était dès lors
trouvé sans revenus - la possibilité de lui imputer un revenu hypothétique
n'ayant aucune incidence sur le fait d'être qualifié ou non d'indigent -, était
privé de l'accès aux avoirs de la famille, contraint d'émarger à l'assistance
sociale et avait dès lors dû vendre sa voiture et contracter des dettes pour
payer ses frais de défense. En conséquence, l'arrêt attaqué violait les
dispositions légales précitées en l'empêchant d'obtenir l'assistance juridique
et en le privant de provisio ad litem.

4.2. La Cour de justice a rappelé que la provisio ad litem consiste en une
avance garantissant à la partie sans ressources ses frais de procédure et
d'avocat. Par conséquent, lorsque, comme en l'espèce, la procédure est arrivée
à son terme, il ne se justifiait plus de statuer sur une telle avance. La
question d'une éventuelle prise en charge par l'intimée des frais assumés par
le recourant devait en revanche être examinée dans le cadre de la répartition
des frais judiciaires et des dépens des deux instances.

4.3. En l'occurrence, le recourant se prévaut du fait que les mesures
protectrices de l'union conjugale restent en vigueur durant toute la procédure
de divorce, de sorte que la cour cantonale se serait fondée à tort sur le fait
que la procédure serait désormais terminée. Ce faisant, il omet que la
procédure de mesures protectrices de l'union conjugale est indépendante d'une
éventuelle procédure de divorce subséquente et que la décision y relative est
finale et non incidente (cf. supra consid. 1). C'est donc à juste titre que la
cour cantonale a considéré la procédure comme terminée. Le recourant demeure
d'ailleurs libre de formuler une nouvelle requête tendant à l'octroi d'une 
provisio ad litem dans le cadre de la procédure de divorce. Au demeurant, dans
ses écritures de recours, le recourant a totalement éludé le fait que l'intimée
lui avait déjà versé plusieurs montants importants. Il ressort en effet de
l'état de fait cantonal que l'intimée a versé au recourant un montant de 50'000
fr. à l'automne 2013, dont ce dernier a soutenu avoir utilisé 15'000 fr. pour
s'acquitter de deux mois de loyer pour l'appartement familial, 80'000 USD
qu'elle lui a mis à disposition sur un fonds de pension libre d'accès et
111'066 USD versés en juillet 2014 à titre d'avance sur la liquidation du
régime matrimonial. Le recourant soutient certes dans sa réplique que ces
montants ont servi à couvrir son entretien courant mais n'apporte toutefois
aucune preuve de cette allégation. Dans ces circonstances, force est d'admettre
que le recourant a déjà perçu des montants conséquents de la part de l'intimée
qui ont dû lui permettre de couvrir à tout le moins une partie de ses frais de
défense, ce qu'il semble d'ailleurs admettre en tant qu'il soutient que ces
montants ont été affectés à son entretien " pour l'essentiel hors frais
d'avocat ". Enfin, il ressort expressément de la motivation de l'arrêt attaqué
que la cour cantonale a tenu compte de la différence de fortune des parties
dans le cadre de la répartition des frais et dépens. En définitive, on ne
discerne pas d'arbitraire dans le refus d'octroyer au recourant une provisio ad
litem dans le cadre de la procédure de mesures protectrices de l'union
conjugale.

5. 

Le recourant se plaint d'une application arbitraire des art. 95, 96 et 105 à
107 CPC ainsi que des art. 86 et 90 du Règlement genevois du 22 décembre 2010
fixant le tarif des frais en matière civile (RTFMC; RS/GE E 1 05.10) et remet
en cause le montant qui lui a été alloué au titre des dépens de première et
deuxième instances.

5.1. Compte tenu de la différence de fortune entre les parties, la Cour de
justice a considéré comme justifié que l'intimée verse au recourant une
indemnité de dépens. Elle n'a dès lors pas compensé les dépens nonobstant le
fait que les frais judiciaires ont été répartis par moitié entre les parties.
Elle a ainsi condamné l'intimée à verser au recourant une indemnité de 18'000
fr. pour les dépens de première instance et de 6'000 fr. pour ceux d'appel.

5.2. Contrairement à ce que soutient le recourant, la cause n'était pas
purement pécuniaire dès lors que les questions de l'autorité parentale et de la
garde étaient encore litigieuses devant les autorités cantonales. Partant,
c'est à juste titre que la cour cantonale s'est fondée sur l'art. 86 RTFMC pour
arrêter les dépens de première instance. S'agissant de ces derniers, il
apparaît que le recourant a obtenu le montant maximal que l'art. 86 RTFMC
permet d'allouer et n'a, pour sa part, dû verser aucuns dépens à l'intimée.
Pour les dépens d'appel, il s'est vu allouer un tiers du montant reçu pour ses
dépens de première instance et n'a pas non plus dû s'acquitter de dépens en
faveur de l'intimée. Certes, l'art. 90 RTFMC, qui prévoit que le défraiement
est dans la règle réduit d'un à deux tiers par rapport aux dépens de première
instance, renvoie à l'art. 85 RTFMC qui a trait à la fixation des dépens pour
les affaires pécuniaires et non à l'art. 86 RTFMC dont a en définitive fait
usage la Cour de justice. Le recourant ne peut toutefois rien en tirer dans la
mesure où il ne démontre pas que ses dépens auraient été plus élevés en
première instance dans l'hypothèse où la cause aurait dû être qualifiée de
pécuniaire et que l'art. 85 RTFMC aurait en conséquence été appliqué par la
cour cantonale pour arrêter les dépens. Ainsi, il apparaît que la cour
cantonale n'a non seulement pas procédé à une compensation des dépens comme
cela est souvent le cas dans les litiges qui relèvent du droit de la famille
(cf. art. 107 al. 1 let. c CPC), ce d'autant plus lorsqu'aucune des parties
n'obtient pleinement gain de cause, mais qu'elle a également alloué au
recourant l'entier des dépens et le montant maximal prévu par l'art. 86 RTFMC.
Dans ces circonstances, force est d'admettre qu'elle a tenu compte à
satisfaction et équitablement de la différence de situations patrimoniales des
deux parties dans la répartition des dépens, de sorte qu'on ne discerne aucun
arbitraire sur ce point dans l'arrêt querellé. En outre, il ne se justifie pas
de répartir les frais et dépens des instances cantonales différemment au motif
que le recourant a obtenu gain de cause devant la Cour de céans. En effet, le
recourant avait déjà obtenu partiellement gain de cause sur la question de la
contribution due à l'entretien de ses filles devant la Cour de justice. Cette
dernière a uniquement commis une erreur de calcul, ce qui n'a eu aucune
incidence sur la répartition des frais et dépens. Il ne se justifie dès lors
pas de revoir ce dernier montant. Enfin, le recourant a parfaitement été en
mesure de comprendre les motifs qui ont amené la cour cantonale à fixer les
dépens de la sorte puisqu'il mentionne lui-même les dispositions légales sur
lesquelles elle s'est fondée et le fait qu'elle a adapté la répartition des
dépens pour tenir compte de la différence de fortune et ainsi vraisemblablement
pallier l'absence d'allocation d'une provisio ad litem. Il a ainsi pu
valablement s'en prendre auxdits motifs, de sorte qu'on ne discerne aucun
défaut de motivation sur ce point contrairement à ce qu'il soutient dans son
mémoire de réplique.

6. 

En définitive, le recours est partiellement admis. L'arrêt attaqué est annulé
sur la question de la contribution due par le recourant à l'entretien de ses
filles et réformé au sens des considérants. Le recours est rejeté pour le
surplus. Le recourant ayant obtenu gain de cause sur l'un de ses trois griefs,
il devrait en principe assumer une part plus importante que l'intimée des frais
judiciaires arrêtés à 3'000 fr. (y compris les frais de représentation de la
curatrice). Compte tenu de la différence de fortune des parties, il apparaît
toutefois équitable de mettre les frais judiciaires à charge de chacune des
parties par moitié et de compenser les dépens (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2
LTF). Il n'y a pas lieu d'indemniser la curatrice des enfants qui a renoncé à
se déterminer et s'en est rapportée à justice.

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :

1. 

Le recours est partiellement admis. L'arrêt attaqué est annulé et réformé en ce
sens que A.________ est condamné à verser en mains de B.________, par mois et
d'avance, allocations familiales non comprises, les sommes de 900 fr. 50 à
titre de contribution à l'entretien de C.________ et de 782 fr. 50 à titre de
contribution à l'entretien de D.________, dès le 1 ^er septembre 2017. Le
recours est rejeté pour le surplus. 

2. 

Les frais judiciaires, arrêtés à 3'000 fr., sont mis pour moitié à la charge de
chacune des parties.

3. 

Les dépens sont compensés.

4. 

Le présent arrêt est communiqué aux parties, à C.________ et D.________ et à la
Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève.

Lausanne, le 27 septembre 2019

Au nom de la IIe Cour de droit civil

du Tribunal fédéral suisse

Le Président : Herrmann

La Greffière : Hildbrand