Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.61/2015
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

[8frIR2ALAGK1]     
{T 0/2}
                   
5A_61/2015

Arrêt du 20 mai 2015

IIe Cour de droit civil

Composition
MM. les Juges fédéraux von Werdt, Président,
Schöbi et Bovey.
Greffière : Mme Achtari.

Participants à la procédure
A.A._______,
représentée par Me Anne-Rebecca Bula, avocate,
recourante,

contre

B.A.________,
représenté par Me Mireille Loroch, avocate,
intimé.

Objet
divorce (contribution d'entretien),

recours contre l'arrêt de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton
de Vaud du 20 novembre 2014.

Faits :

A.

A.a. A.A.________, née en 1973, et B.A.________, né en 1964, se sont mariés en
1996. De cette union sont issus deux enfants, soit C._______, en 1998, et
D.________, en 2002.

 Depuis janvier 2009, la vie séparée des époux a été réglée par des mesures
protectrices, puis, suite à l'introduction de l'action en divorce, par des
mesures provisionnelles, modifiées à plusieurs reprises.

A.b. Dans la procédure de divorce, la situation économique des parties a été
arrêtée comme suit en dernière instance cantonale:

 B.A.________ se voit imputer un revenu mensuel hypothétique de 19'433 fr. 90,
correspondant à celui qu'il percevait en qualité de sous-directeur d'une
entreprise avant qu'il ne quitte cet emploi, en mars 2013, pour celui de
responsable de vente. Au moment de la séparation en 2009, ses revenus étaient
toutefois moindres que ce montant hypothétique; ils s'élevaient à 11'518 fr.,
pour atteindre 19'100 fr. environ en 2011. Ses charges, ainsi que celles de son
fils dont il a la garde, se montent à 8'785 fr.

 A.A.________ perçoit un revenu mensuel de 2'500 fr. environ, part au 13 ^
ème salaire comprise, de son activité de réceptionniste exercée à 50%. En
raison de son activité accessoire dans le domaine des thérapies naturelles,
elle se voit imputer un revenu mensuel (qualifié d'hypothétique) de 500 fr.,
portant ses revenus totaux à 3'000 fr. Ses charges se montent à 4'524 fr.

B.

B.a. Par jugement du 3 mars 2014, le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois
a prononcé le divorce des parties. En outre, il a confié la garde de C.________
à B.A.________, le droit de visite de la mère étant réservé, celle de
D.________ aux deux parents, de manière conjointe et alternée, et condamné
B.A.________ à contribuer à l'entretien de D.________ par le versement d'un
montant de 1'200 fr., moitié des allocations familiales dues en sus, dès
jugement de divorce définitif et exécutoire et jusqu'à la majorité ou
l'indépendance financière de l'enfant, aux conditions de l'art. 277 al. 2 CC,
ainsi que par la participation à raison de la moitié aux frais extraordinaires
la concernant. Il a également condamné B.A.________ à contribuer à l'entretien
de A.A.________ par le versement d'un montant de 3'000 fr., dès jugement
définitif et exécutoire et jusqu'au 20 décembre 2018. Aucune pension n'a été
prévue en faveur de C.______.

B.b. Les deux parties ont appelé de ce jugement.

B.b.a. A.A.________ a demandé sa réforme en ce qui concerne la garde de
D.________ et la contribution d'entretien due à cette enfant. Principalement,
elle a conclu à ce que la garde de sa fille lui soit octroyée et à ce que
B.A.________ soit condamné à contribuer à l'entretien de celle-ci par le
versement d'un montant de 3'000 fr., allocations familiales dues en sus, dès
jugement définitif et exécutoire et jusqu'à ce que l'enfant atteigne l'âge de
quinze ans, puis de 4'000 fr., allocations familiales en sus, dès lors et
au-delà de la majorité jusqu'à l'achèvement d'une formation professionnelle
dans les délais normaux, ainsi qu'à participer, par moitié, aux frais
extraordinaires de cette enfant. Subsidiairement, elle a conclu à ce que la
contribution d'entretien de sa fille soit arrêtée à 1'500 fr. jusqu'aux 15 ans
de l'enfant puis à 2'500 fr. jusqu'à l'achèvement d'une formation
professionnelle dans des délais normaux. Plus subsidiairement, elle a conclu à
l'annulation du jugement et au renvoi de la cause devant les premiers juges.

 B.A.________ a demandé sa réforme s'agissant de la contribution d'entretien
due à son épouse et à son fils. Il a conclu à ce qu'aucune contribution ne soit
due à la première et à ce que celle-ci soit en revanche condamnée à contribuer
à l'entretien de C.________ par le versement d'un montant de 600 fr.

B.b.b. Par arrêt du 20 novembre 2014, le Tribunal cantonal vaudois a
partiellement admis les appels sur la garde et l'entretien de l'épouse. Ainsi,
il a attribué la garde de D.________ à A.A.________ et, en conséquence, adapté
la contribution d'entretien due à cette enfant à 2'400 fr. par mois,
allocations familiales dues en sus; il a ensuite réduit la contribution
d'entretien due à A.A.________ à 1'550 fr. par mois.

C. 
Par acte posté le 23 janvier 2015, A.A.________ interjette un recours en
matière civile devant le Tribunal fédéral contre cet arrêt. Elle conclut à sa
réforme, en ce sens que B.A.________ contribuera à l'entretien de sa fille par
le versement d'une pension mensuelle de 3'000 fr., dès jugement définitif et
exécutoire et jusqu'à ce que l'enfant ait atteint l'âge de 16 ans, puis de
4'000 fr., dès lors et au-delà de la majorité jusqu'à l'achèvement d'une
formation professionnelle dans des délais normaux, étant précisé qu'il
participera en outre, par moitié, aux frais extraordinaires de l'enfant, et à
l'entretien de son ex-épouse par le versement d'une pension mensuelle de 3'000
fr., dès jugement de divorce définitif et exécutoire et jusqu'au 20 décembre
2018. Elle se plaint de la violation des art. 285 et 125 CC, ainsi que
d'arbitraire dans l'établissement des faits.

 Dans le courrier accompagnant son recours, elle a sollicité l'assistance
judiciaire.

 Des observations n'ont pas été requises.

Considérant en droit :

1. 
L'arrêt entrepris est une décision finale (art. 90 LTF), rendue en matière
civile (art. 72 al. 1 LTF), par une autorité cantonale supérieure statuant sur
recours (art. 75 LTF), dans une contestation pécuniaire (arrêts 5A_816/2014 du
3 mars 2015 consid. 1; 5A_705/2013 du 29 juillet 2014 consid. 1.1), dont la
valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 LTF; 74 al.
1 let. b LTF). La recourante, qui a qualité pour recourir (art. 76 al. 1 LTF),
a agi dans le délai prévu par la loi (art. 100 al. 1 LTF), de sorte que le
recours en matière civile est en principe recevable.

2.

2.1. Le recours en matière civile peut être interjeté pour violation du droit,
tel qu'il est délimité par les art. 95 et 96 LTF. Compte tenu de l'obligation
de motiver imposée par l'art. 42 al. 2 LTF, le Tribunal fédéral ne traite que
les questions qui sont soulevées et discutées devant lui par les parties (ATF
140 III 86 consid. 2 p. 89; 134 V 53 consid. 3.3 p. 60), à moins que la
violation du droit ne soit manifeste (arrêts 5A_621/2013 du 20 novembre 2014
consid. 2.2, non publié  in ATF 141 (à paraître); 4A_399/2008 du 12 novembre
2011 consid. 2.1 non publié  in ATF 135 III 112).

2.2. Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité
précédente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en écarter que si ces faits ont
été établis de façon manifestement inexacte - ce qui correspond à la notion
d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 II 353
consid. 5.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al.
2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la
cause (art. 97 al. 1 LTF). La partie recourante qui soutient que les faits ont
été constatés d'une manière arbitraire doit satisfaire au principe d'allégation
(art. 106 al. 2 LTF), c'est-à-dire soulever expressément ce grief et exposer
celui-ci de façon claire et détaillée (ATF 135 III 232 consid. 1.2; 133 II 249
consid. 1.4.2).

3. 
Dans un premier grief, la recourante se plaint de la violation de l'art. 285
CC, au motif que la contribution d'entretien due à l'enfant ne permet pas à
celle-ci d'assurer le maintien du train de vie qui était le sien avant le
divorce.

3.1.

3.1.1. Pour fixer la contribution d'entretien, l'autorité cantonale s'est
fondée sur les besoins globaux de 1'860 fr. par mois d'un enfant d'une fratrie
de deux, entre 13 et 18 ans, ressortant des tabelles zurichoises 2014; en
raison de la situation financière favorable des parties, elle a augmenté ce
montant de 25% et a ainsi fixé la contribution d'entretien à 2'400 fr.

3.1.2. La recourante soutient que la pension de 2'400 fr. ne prend pas
suffisamment en compte le train de vie antérieur dont bénéficiait l'enfant
durant le vie commune de ses parents puis durant la procédure de divorce de
ceux-ci, train de vie que l'intimé a du reste toujours assumé. A ce montant, il
faudrait ajouter les primes d'assurance-maladie et d'assurance-vie, les frais
de téléphonie mobile et le coût des cours d'équitation, de 320 fr. pour dix
cours et de 720 fr. pour une semaine de camp, de sorte que la pension devrait
être fixée à 3'000 fr. Dans la mesure où sa propre pension arrive à échéance le
20 décembre 2018, la recourante ajoute qu'un montant de 4'000 fr. devrait être
alloué à l'enfant dès cette date.

3.2.

3.2.1.

3.2.1.1. A teneur de l'art. 285 al. 1 CC, auquel renvoie l'art. 133 al. 1 CC,
la contribution d'entretien doit correspondre aux besoins de l'enfant ainsi
qu'à la situation et aux ressources des père et mère. Les enfants ont le droit
de recevoir une éducation et de bénéficier d'un niveau de vie qui corresponde à
la situation des parents; leurs besoins doivent également être calculés de
manière plus large lorsque les parents bénéficient d'un niveau de vie plus
élevé (ATF 120 II 285 consid. 3a/cc). La loi ne prescrit pas toutefois de
méthode de calcul particulière pour arrêter la contribution d'entretien (ATF
128 III 411 consid. 3.2.2); sa fixation relève de l'appréciation du juge, qui
jouit pour cela d'un large pouvoir et applique les règles du droit et de
l'équité (art. 4 CC; ATF 134 III 577 consid. 4; 127 III 136 consid. 3a; 111 II
410 consid. 2a). Il n'y a violation du droit fédéral que si le juge a abusé de
son pouvoir d'appréciation en se référant à des critères dénués de pertinence,
ou en ne tenant pas compte d'éléments essentiels, ou encore si, d'après
l'expérience de la vie, le montant fixé apparaît manifestement inéquitable (ATF
132 III 178 consid. 5.1; 130 III 571 consid. 4.3; 128 III 161 consid. 2c/aa).

 Les besoins d'entretien moyens retenus dans les "Recommandations pour la
fixation des contributions d'entretien des enfants" éditées par l'Office de la
jeunesse du canton de Zurich peuvent servir de point de départ pour la
détermination des besoins d'un enfant dans un cas concret. Il y a toutefois
lieu de les affiner en tenant compte, conformément à l'art. 285 al. 1 CC, des
besoins concrets particuliers de l'enfant, ainsi que du niveau de vie et de la
capacité contributive des parents (ATF 116 II 110 consid. 3a; arrêts 5A_100/
2012 du 30 août 2012 consid. 6.1 et les autres références; 5A_690/2010 du 21
avril 2011 consid. 2.1, publié  in FamPra.ch 2011 p. 757 et JdT 2012 II p.
302).

3.2.1.2. La détermination du niveau de vie de l'enfant durant la vie commune de
ses parents est une question de fait. Même si la maxime inquisitoire s'applique
dans les questions relatives aux enfants, l'obligation du juge d'établir
d'office les faits qui en découle n'est pourtant pas sans limite. En effet,
cette maxime ne dispense pas les parties de collaborer activement à la
procédure et d'étayer leurs propres thèses; il leur incombe de renseigner le
juge sur les faits de la cause et de lui indiquer les moyens de preuve
disponibles (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1; arrêt 5A_808/2012 du 29 août 2013
consid. 4.3.2, non publié  in ATF 139 III 401, publié  in Pra 2014 (26) p.
183).

3.2.2. En l'espèce, bien que la recourante se plaigne de la violation du droit,
elle ne formule aucun reproche quant à la méthode ou aux principes que
l'autorité cantonale a appliqués. Elle se borne à affirmer que le montant de
2'400 fr. ne permet pas à l'enfant de maintenir son niveau de vie antérieur.
Cette critique relève uniquement du fait. Or, les besoins concrets particuliers
de l'enfant ne ressortent pas de l'arrêt attaqué; pour fixer la pension,
l'autorité cantonale a en effet seulement affiné les données statistiques en
augmentant globalement le coût d'entretien de 25% pour tenir compte de la
situation financière des parents qu'elle a jugée favorable. Toutefois, la
recourante ne prétend pas que l'autorité cantonale aurait omis, de manière
arbitraire (art. 9 Cst.), de déterminer ce niveau de vie, alors qu'elle aurait
suffisamment collaboré à démontrer ce fait. Elle ne se réfère à aucune pièce du
dossier relatif à celui-ci et ne chiffre précisément ni le montant de ce niveau
de vie, ni les postes qu'il conviendrait selon elle d'ajouter à la somme de
2'400 fr. A cet égard, elle se limite à mentionner le coût de dix cours
d'équitation et d'une semaine de camp, sans exposer le nombre de cours que
l'enfant suit mensuellement; ultérieurement dans son recours, à l'appui d'un
autre de ses griefs, elle soutient que la prime d'assurance-vie de sa fille est
" vraisemblablement identique " à celle de son fils, soit de 115 fr. 10, et
que, " par équité " avec les postes retenus dans le budget de l'intimé, qui
comprend ceux relatifs à ce second enfant, il faudrait retenir des frais de
téléphonie mobile à hauteur de 69 fr. Au vu de cette critique irrecevable sur
les faits (cf.  supra consid. 2.2), le raisonnement de l'autorité cantonale,
qui a adapté le montant de référence des tabelles zurichoises à la situation
financière des parents, n'apparaît pas contraire au droit.

 Le second reproche de la recourante selon lequel il aurait fallu augmenter la
contribution d'entretien de l'enfant lorsque la sienne arrivera à échéance, est
également infondé. En effet, les deux contributions ont été fixées de manière
indépendante, de sorte que les besoins de l'enfant restent couverts même après
ce moment.

 Il suit de là que le grief de la violation de l'art. 285 CC doit être rejeté.

4. 
Sans distinguer clairement ses griefs, la recourante reproche ensuite à
l'autorité cantonale d'avoir constaté de manière manifestement inexacte les
faits et d'avoir violé l'art. 125 CC. Elle prétend que ses charges mensuelles
sont mal établies et qu'on lui impute à tort un revenu hypothétique de 500 fr.

4.1.

4.1.1. Pour fixer la contribution d'entretien, les premiers juges ont appliqué
la méthode du minimum vital élargi avec répartition de l'excédent et ont alloué
une contribution d'entretien de 3'000 fr. à l'épouse jusqu'en décembre 2018. Au
contraire, l'autorité cantonale a considéré qu'il fallait appliquer la méthode
fondée sur les dépenses effectives. Celle du minimum vital avec répartition de
l'excédent aurait premièrement eu pour effet de permettre à l'épouse de
bénéficier après le divorce de l'augmentation importante des revenus de l'époux
survenue après leur séparation et donc d'un train de vie supérieur à celui qui
existait durant la vie commune; secondement, son application était exclue au vu
des revenus cumulés des époux qui dépassaient le plafond de 9'000 fr.

 L'autorité cantonale a ensuite arrêté les dépenses de l'épouse nécessaires à
maintenir son train de vie antérieur à 4'524 fr. (montant de base: 1'200 fr.;
loyer: 2'238 fr.; assurance-maladie: 398 fr.;  leasing : 388 fr.; frais de
transport professionnels: 300 fr.). Quant aux revenus de l'épouse, elle les a
arrêtés à 3'000 fr., composés d'un revenu effectif de 2'500 fr. provenant de
son activité de réceptionniste exercée à 50% et d'un revenu (qualifié
d'hypothétique) de 500 fr. provenant de son activité accessoire dans le domaine
des thérapies naturelles, compte tenu d'un tarif horaire de 80 fr. et d'un taux
d'activité de 10%.

 L'autorité cantonale a alors fixé la contribution d'entretien due à l'épouse à
1'550 fr. jusqu'en décembre 2018, date à laquelle elle a estimé que celle-ci
pourrait reprendre une activité lucrative à 100%.

4.1.2. La recourante critique uniquement le montant des dépenses nécessaires à
maintenir son train de vie antérieur à la séparation et l'imputation à son
égard d'un revenu hypothétique.

 Ainsi, elle soutient qu'il faudrait retenir dans son budget un montant de base
de 1'350 fr. pour tenir compte du droit de visite qu'elle exerce sur son fils.
Elle reproche ensuite à l'autorité cantonale d'avoir ignoré les budgets qu'elle
a produits en procédure de divorce dans trois bordereaux de décembre 2010
(pièces 11 et 12), novembre 2011 (pièce 102) et février 2012 (pièce 3), dont il
ressort une charge fiscale de 297 fr. 50, une prime d'assurance-vie de 150 fr.,
des frais d'électricité de 108 fr. et une prime d'assurance RC pour son
véhicule de 110 fr. 35, dont il faudrait tenir compte dans ses dépenses.

 La recourante soutient ensuite qu'il ressort des pièces 152 et 153 du
bordereau du 31 octobre 2013 que son activité accessoire ne lui rapporte aucun
bénéfice, de sorte qu'on ne peut lui imputer un revenu hypothétique.

4.2. Aux termes de l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement
attendre d'un époux qu'il pourvoie lui-même à son entretien convenable, y
compris à la constitution d'une prévoyance vieillesse appropriée, son conjoint
lui doit une contribution équitable.

4.2.1.

4.2.1.1. La loi n'impose pas de mode de calcul particulier pour fixer le
montant de la contribution d'entretien de l'époux et, comme pour les pensions
dues à l'enfant, les tribunaux jouissent d'un large pouvoir d'appréciation en
la matière (art. 4 CC; ATF 134 III 577 consid. 4; 116 II 103 consid. 2f; arrêts
5A_267/2014 du 15 septembre 2014 consid. 5.1, publié  in FamPra.ch 2015 p. 212;
5C.100/2005 du 22 décembre 2005 consid. 2.1, publié  in FamPra.ch 2006 p. 431).
Quelle que soit la méthode appliquée, le train de vie mené jusqu'à la cessation
de la vie commune constitue la limite supérieure du droit à l'entretien (arrêt
5A_445/2014 du 28 août 2014 consid. 4.1, publié  in FamPra.ch 2015 p. 217).
Selon la jurisprudence, en cas de situation financière favorable, dans laquelle
les frais supplémentaires liés à l'existence de deux ménages séparés sont
couverts (arrêt 5A_445/2014 du 26 août 2014 consid. 5.1, publié  in FamPra.ch
2015 p. 217), il faut recourir à la méthode fondée sur les dépenses
indispensables au maintien du train de vie de la vie commune. Cette méthode
implique un calcul concret. Il incombe au créancier de la contribution
d'entretien de démontrer les dépenses nécessaires à son train de vie.
Toutefois, il est admissible de recourir à la méthode du minimum vital élargi
avec répartition de l'excédent, lorsque - bien que bénéficiant d'une situation
financière favorable -, les époux dépensaient l'entier de leurs revenus (ce qui
est le cas lorsqu'il est établi qu'ils ne réalisaient pas d'économies ou
lorsque l'époux débiteur ne démontre pas une quote-part d'épargne) ou que, en
raison des frais supplémentaires liés à l'existence de deux ménages séparés, la
quote-part d'épargne existant jusqu'alors est entièrement absorbée par
l'entretien courant. En effet, dans ce cas, cette seconde méthode permet de
tenir compte adéquatement du niveau de vie antérieur et des restrictions à
celui-ci qui peuvent être imposées à chacun des époux (ATF 140 III 485 consid.
3.3; 137 III 102 consid. 4.2.1.1).

4.2.1.2. Pour fixer la contribution d'entretien, le juge se base sur le revenu
effectif des parties. Néanmoins, un conjoint peut se voir imputer un revenu
hypothétique, pour autant qu'il puisse gagner plus que son revenu effectif en
faisant preuve de bonne volonté et en accomplissant l'effort que l'on peut
raisonnablement exiger de lui. L'obtention d'un tel revenu doit donc être
effectivement possible. Savoir si l'on peut raisonnablement exiger d'une
personne une augmentation de son revenu est une question de droit; en revanche,
déterminer quel revenu la personne a la possibilité effective de réaliser est
une question de fait (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 et les références).
Lorsque le juge du fait évalue le revenu qu'une partie retire d'une de ses
activités lucratives, il ne lui impute pas de revenu hypothétique mais établit
son revenu effectif (arrêt 5A_737/2012 du 23 janvier 2013 consid. 4.6).

4.2.1.3. Dans la procédure en divorce, la fixation de la contribution
d'entretien due à un époux est soumise à la maxime des débats (art. 55 al. 1 et
277 al. 1 CPC; ATF 128 III 411 consid. 3.2.2; arrêt 5A_862/2012 du 30 mai 2013
consid. 5.3.2, publié  in SJ 2014 I p. 76). Dans ce type de procédure, les
parties ont le devoir d'alléguer les faits sur lesquels elles fondent leurs
prétentions et d'indiquer les moyens de preuve; elles doivent également
contester les faits allégués par l'autre (art. 221 al. 1 let. d et e, 222 al. 2
CPC). Un simple renvoi en bloc à des pièces du dossier en guise d'exposé des
faits ne satisfait pas à ces exigences (arrêts 4A_317/2014 du 17 octobre 2014
consid. 2.2; 4A_195/2014 et 197/2014 du 27 novembre 2014 consid. 7.3, non
publié  in ATF 140 III 602; 4A_210/2009 du 7 avril 2010 consid. 3.2).

4.2.2. En l'espèce, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que les époux
épargnaient durant la vie commune. En outre, l'autorité cantonale affirme de
manière péremptoire qu'une situation financière confortable s'opposerait à
l'application de la méthode fondée sur le minimum vital élargi - ce qui peut
être erroné dans les hypothèses précitées (cf.  supra consid. 4.2.1.1) - et que
la limite du train de vie antérieur empêcherait de recourir à la méthode fondée
sur le minimum vital élargi lorsque le débirentier a bénéficié d'une
augmentation de salaire depuis la fin de la vie commune - ce qui peut également
être erroné suivant les frais supplémentaires engendrés par l'existence des
deux ménages. Enfin, l'autorité cantonale a mélangé les méthodes de calcul, en
prétendant appliquer celle fondée sur les dépenses concrètes mais en retenant,
pour les dépenses couvrant les besoins essentiels, le montant forfaitaire du
droit des poursuites (sur l'interdiction du mélange des méthodes, cf.
récemment: ATF 140 III 485 consid. 3.5.2). Néanmoins, la recourante ne conteste
pas la méthode de calcul de sa contribution d'entretien; en particulier, elle
ne prétend pas que les époux auraient dépensé l'entier de leurs revenus durant
la vie commune. En outre, comme il sera exposé ci-après, elle ne démontre pas
qu'elle supporterait concrètement un montant supérieur à celui retenu en droit
des poursuites pour les postes pris en compte par celui-ci. Pour ce motif et
celui lié au pouvoir d'appréciation dont le juge du fait dispose en la matière,
il n'y a dès lors pas lieu de traiter de la question de la méthode de calcul
appliquée (art. 42 al. 1 LTF).

 S'agissant des dépenses nécessaires à maintenir son train de vie antérieur, la
recourante se borne à reprocher à l'autorité cantonale d'en avoir ignoré
certaines ressortant de pièces qu'elle cite, toutefois sans la moindre
référence à ses écritures cantonales. Or, il ne ressort ni de son appel, ni de
sa réponse à l'appel de l'intimé qu'elle aurait allégué les dépenses dont elle
se prévaut et offert une preuve à leur appui conformément aux exigences
précitées. De cette dernière écriture, il ressort seulement, en page 6, que la
recourante a requis, dans l'hypothèse où l'on recalculerait sa pension, qu'on
tienne compte de ses dépenses, sans préciser lesquelles, et a renvoyé en bloc
et de manière approximative à des pièces (" (cf. notamment pièces 11, 12,
101...) "), pièces qui ne correspondent même pas entièrement à celles dont elle
se prévaut dans son présent recours. Cette argumentation est manifestement
insuffisante à démontrer que l'autorité cantonale a versé dans l'arbitraire
dans l'établissement des faits (cf.  supra consid. 2.2). Au demeurant, c'est à
tort que la recourante se prévaut d'un montant de base mensuel du droit des
poursuites de 1'350 fr., étant donné qu'elle ne reçoit son fils que lors de
l'exercice de son droit de visite et ne forme donc pas de communauté de vie
avec celui-ci; c'est également à tort qu'elle réclame qu'on comptabilise ses
frais d'électricité dans ses dépenses, ceux-ci étant déjà compris dans le
montant de base mensuel et la recourante ne démontrant pas que, globalement
pour les postes concernés, ses dépenses courantes seraient supérieures au
montant forfaitaire retenu en droit des poursuites. Il suit de là que le grief
d'arbitraire dans l'établissement des dépenses doit être rejeté, pour autant
que recevable.

 S'agissant de ses revenus, la recourante ne conteste ni l'existence d'une
activité lucrative indépendante, ni le nombre d'heures qu'elle y consacre par
mois. Elle soutient seulement, en renvoyant à deux pièces, que cette activité
est déficitaire et que c'est donc à tort que l'autorité cantonale a retenu
qu'elle pouvait en retirer un revenu de 500 fr. Sur ce point, il sied de
préciser que, contrairement à ce qu'il ressort de l'arrêt attaqué, dans la
mesure où il est incontesté que la recourante travaille comme indépendante à un
taux d'activité qui n'est en tout cas pas inférieur à 10%, la question d'un
revenu hypothétique ne se posait pas. Seule était pertinente celle de
l'établissement du revenu effectif retiré de cette activité. Néanmoins, dans sa
réponse en appel, alors que l'intimé alléguait que la recourante retirait 500
fr. de son activité accessoire, celle-ci s'est bornée à contester qu'on puisse
lui imputer un quelconque revenu. Elle n'a pas allégué que son activité
accessoire était déficitaire et ne s'est pas référée aux pièces qu'elle cite
maintenant. Sur ce point également, son argumentation est manifestement
insuffisante à démontrer que l'autorité cantonale a versé dans l'arbitraire
dans l'établissement des faits (cf.  supra consid. 2.2). Ce grief doit donc
aussi être rejeté, pour autant que recevable.

5. 
En conclusion, le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.
Celui-ci étant dénué de chances de succès, la requête d'assistance judiciaire
de la recourant doit être rejetée. Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr.,
sont mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF).
L'intimé n'ayant pas été invité à répondre, aucune indemnité de dépens ne lui
est due.

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2. 
La requête d'assistance judiciaire de la recourante est rejetée.

3. 
Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge de la
recourante.

4. 
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour d'appel civile du
Tribunal cantonal du canton de Vaud.

Lausanne, le 20 mai 2015

Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

Le Président : von Werdt

La Greffière : Achtari

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