Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
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Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.860/2009
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_860/2009

Arrêt du 26 mars 2010
IIe Cour de droit civil

Composition
Mme et MM. les Juges Hohl, Présidente,
Marazzi et Herrmann.
Greffière: Mme Aguet.

Parties
Dame X.________,
représentée par Me Marc Mathey-Doret, avocat,
recourante,

contre

X.________,
représenté par Me Jacques Barillon, avocat,
intimé.

Objet
mesures protectrices de l'union conjugale,

recours contre l'arrêt de la Chambre civile
de la Cour de justice du canton de Genève
du 13 novembre 2009.

Faits:

A.
A.a X.________, né le *** 1962, et Dame X.________, née le *** 1966, se sont
mariés le *** 1994. Deux enfants sont issus de cette union: A.________, né le
*** 1997, et B.________, née le *** 2000.
Le 8 octobre 2008, l'épouse a requis des mesures protectrices de l'union
conjugale auprès du Tribunal de première instance du canton de Genève.
A.b Le Service de protection des mineurs (ci-après: SPMi) a rendu un rapport
d'évaluation sociale le 28 janvier 2009.

B.
B.a Par jugement du 2 avril 2009, le Tribunal de première instance a, entre
autres points, attribué à la mère la garde sur les deux enfants, réservé un
droit de visite au père devant s'exercer chaque semaine, du mercredi matin au
jeudi matin à la reprise des cours, un week-end sur deux ainsi que la moitié
des vacances scolaires, et condamné l'époux à verser la somme de 3'500 fr. par
mois à titre de contribution à l'entretien de la famille.
B.b L'époux a fait appel de ce jugement. Par arrêt préparatoire du 16 juillet
2009, la Cour de justice du canton de Genève a invité le SPMi à informer les
mineurs du déroulement de la procédure d'appel, à recueillir leur avis et à les
informer de leur droit d'être entendu par un juge. Par courrier du 28 août
2009, le SPMi a informé la Cour que la fille cadette n'avait pas souhaité
s'exprimer et que le fils aîné avait demandé que le contenu de sa déclaration
soit uniquement transmis au juge et pas aux parties.

Par arrêt du 13 novembre 2009, la Cour de justice du canton de Genève a admis
l'appel formé par l'époux et réformé le jugement du 2 avril 2009, en ce sens la
garde sur les enfants est attribuée à leur père, qu'un droit de visite est
réservé à la mère chaque semaine du jeudi à la fin des cours au vendredi matin
à la reprise des cours, un week-end sur deux ainsi que durant la moitié des
vacances scolaires, et que l'époux est condamné à verser à l'épouse une somme
de 1'000 fr. par mois à titre de contribution à son entretien.

C.
L'épouse interjette le 18 décembre 2009 un recours en matière civile au
Tribunal fédéral contre cet arrêt, concluant à sa réforme en ce sens que la
garde sur les enfants lui est attribuée, qu'il lui est donné acte du fait
qu'elle s'en remet à justice sur le droit de visite du père, et que l'époux est
condamné à lui verser par mois et d'avance, allocations familiales non
comprises, la somme de 3'500 fr. à titre de contribution à l'entretien de la
famille; subsidiairement, elle conclut à l'annulation de l'arrêt attaqué et au
renvoi de la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision dans le sens des
considérants. La recourante se plaint d'une violation de son droit d'être
entendue (art. 29 al. 2 Cst.), de son droit à un procès équitable (art. 29 al.
1 Cst.) et du principe de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Elle
sollicite en outre le bénéfice de l'assistance judiciaire.
L'intimé conclut au rejet du recours. La Cour de justice du canton de Genève
persiste dans les termes de son arrêt.
Par ordonnance du 26 janvier 2010, la requête d'effet suspensif présentée par
la recourante a été admise, afin de maintenir le statu quo durant la procédure
fédérale.

Considérant en droit:

1.
1.1 La décision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC)
est une décision en matière civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Elle est
finale selon l'art. 90 LTF, car elle tranche définitivement, dans une procédure
séparée, des questions qui ne pourront plus être revues avec l'éventuelle
décision sur le divorce et ses effets accessoires (ATF 133 III 393 consid. 4 p.
395 et les références citées). Le recours porte sur l'attribution de la garde
de l'enfant, ainsi que sur les questions patrimoniales qui lui sont liées; la
contestation est donc non pécuniaire dans son ensemble (arrêts 5A_220/2009 du
30 juin 2009 consid. 1; 5A_49/2008 du 19 août 2008 consid. 1). II a par
ailleurs été déposé dans le délai légal (art. 100 al. 1 LTF) contre une
décision prise en dernière instance cantonale par le tribunal supérieur du
canton de Genève (art. 75 LTF). Le recours en matière civile est donc en
principe recevable.

1.2 Comme l'acte attaqué porte sur des mesures provisionnelles (ATF 133 III 393
consid. 5 p. 396, 585 consid. 3.3 p. 587), seule peut être invoquée la
violation de droits constitutionnels (art. 98 LTF). Le Tribunal fédéral
n'examine de tels griefs que s'ils ont été invoqués et motivés (art. 106 al. 2
LTF), c'est-à-dire expressément soulevés et exposés de façon claire et
détaillée (principe d'allégation; ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Il
n'entre pas en matière sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 II 396
consid. 3 p. 399/400). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, dès
lors, se borner à critiquer la décision attaquée comme il le ferait en instance
d'appel, où l'autorité de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en
particulier, se contenter d'opposer sa thèse à celle de l'autorité cantonale,
mais doit démontrer, par une argumentation précise, que cette décision est
manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 352).

L'arbitraire prohibé par l'art. 9 Cst. ne résulte pas du seul fait qu'une autre
solution serait concevable, voire préférable; le Tribunal fédéral ne s'écarte
de la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable,
viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou
heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. Il ne
suffit pas que la motivation de cette décision soit insoutenable; encore
faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p.
153; 133 II 257 consid. 5.1 p. 260; 133 III 462 consid. 4.4.1 p. 470).

1.3 Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité
précédente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypothèse d'un recours soumis à l'art.
98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le complètement des
constatations de fait de l'arrêt cantonal que s'il démontre la violation de
droits constitutionnels par l'autorité cantonale. Les art. 95 et 97, ainsi que
l'art. 105 al. 2 LTF ne s'appliquent donc pas directement puisqu'ils ne sont
pas des droits constitutionnels (ATF 133 III 393 consid. 7.1 p. 398; 133 III
585 consid. 4.1 p. 588). Toutefois, l'application de l'art. 9 Cst. aboutit
pratiquement au même résultat: le Tribunal fédéral ne corrige les constatations
de fait que si elles sont arbitraires et ont une influence sur le résultat de
la décision.

Dans le domaine de l'appréciation des preuves et la constatation des faits, le
Tribunal fédéral se montre réservé, vu le large pouvoir qu'il reconnaît en la
matière à l'autorité cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28
consid. 1b p. 30 et les arrêts cités). Il n'intervient, pour violation de
l'art. 9 Cst., que si le juge du fait a abusé de ce pouvoir, en particulier
lorsqu'il méconnaît des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement
pas compte, lorsque des constatations de fait sont manifestement fausses, ou
enfin, lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 128
I 81 consid. 2 p. 86; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a p. 211).
Il montre une retenue d'autant plus grande lorsque, comme en l'espèce en
matière de mesures protectrices de l'union conjugale, le juge n'examine la
cause que de manière sommaire, se contentant de la preuve de la vraisemblance
des faits (ATF 127 III 373 consid. 2b/bb p. 478 et les références).

2.
2.1 La recourante se plaint tout d'abord d'une violation de son droit d'être
entendue (art. 29 al. 2 Cst.), pour le motif qu'aucun compte rendu, écrit ou
même oral, de l'audition du fils aîné n'a été transmis aux parties par les
juges précédents, alors que celle-ci aurait, à son sens, manifestement
influencé leur décision d'attribuer la garde des enfants à l'intimé. Elle y
voit également une violation de son droit à un procès équitable (art. 29 al. 1
Cst.).

2.2 La recourante ne se plaignant pas de la violation de règles du droit
cantonal de procédure régissant son droit d'être entendu, c'est à la lumière de
l'art. 29 al. 2 Cst. qu'il convient d'examiner son grief (ATF 126 I 15 consid.
2a p. 16 et les arrêts cités).
Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti à l'art. 29 al. 2 Cst., comprend
notamment le droit pour l'intéressé de s'exprimer sur les éléments pertinents
avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique, de
produire des preuves, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuve
pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à
tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à
influer sur la décision à rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 127 I
54 consid. 2b p. 56; 124 I 48 consid. 3a p. 51 et les arrêts cités).
En ce qui concerne l'audition de l'enfant (art. 144 al. 2 CC; applicable
également à la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale; ATF 131
III 553 consid. 1.1), les parents ont le droit d'être renseignés sur les
éléments essentiels du résultat de l'audition, dans la mesure où ceux-ci
influencent la décision du juge (Schweighauser, in FamKomm Scheidung, Berne
2005, n° 15 ad art. 144 CC; Reusser, Die Stellung der Kinder im neuen
Scheidungsrecht, in Von altem zum neuen Scheidungsrecht, Berne 1999, n° 4.86 p.
199; Breitschmid, in Basler Kommentar, n° 6 ad art. 144 CC). Le Tribunal
fédéral a déjà eu l'occasion de juger que, au regard de la Constitution, il
suffit que les parents puissent se déterminer, avant la décision sur
l'attribution des enfants, sur le compte rendu de l'entretien confidentiel que
le juge a eu avec leur enfant; les détails de l'entretien n'ont pas à être
communiqués aux parents (ATF 122 I 53 consid. 4a et 4c p. 55-56; arrêt 5C.210/
2000 du 27 octobre 2000 consid. 2a, publié in FamPra.ch 2001 p. 606).
L'art. 387b al. 4 de la Loi de procédure civile genevoise du 10 avril 1987 (LPC
/GE; RSG E 3 05) prévoit à cet égard que le juge consigne les déclarations de
l'enfant ou un résumé de celles-ci dans un procès-verbal; au préalable, il doit
informer l'enfant que ses parents pourront en prendre connaissance et qu'il n'y
consignera aucune déclaration sans son accord.

2.3 En l'espèce, la recourante expose que la cour cantonale a, à la suite de
l'audition des enfants par le SPMi le 18 août 2009, adressé le 7 décembre 2009
un courrier aux avocats des parties, à teneur duquel il est expliqué que sa
fille n'a pas souhaité s'exprimer et que, conformément à la volonté de son
fils, le compte rendu de son audition n'est pas transmis aux parents. La
recourante n'établit pas, ni ne soutient d'ailleurs, qu'à réception de cette
lettre, elle ait requis d'être renseignée, à tout le moins dans leur teneur
essentielle, sur les déclarations de son enfant. En outre, dans ses conclusions
motivées déposées le 17 décembre 2009, elle n'a pas fait grief aux juges
précédents de ne pas lui avoir communiqué le résultat de l'audition de son
fils, ni ne s'est plainte à cet égard d'une violation du droit d'être entendue.
En attendant que la décision attaquée soit rendue pour s'en plaindre, pour le
motif que cette audition pourrait avoir influencé la décision de la cour
cantonale d'attribuer la garde des enfants à l'intimé plutôt qu'à elle, la
recourante agit de manière contraire à la bonne foi (ATF 124 I 121 consid. 2 p.
122). La critique qu'elle soulève devant la cour de céans est tardive. Partant,
son grief est irrecevable.

3.
La recourante estime que la cour cantonale a versé dans l'arbitraire en
attribuant la garde des enfants à l'intimé.

3.1 En vertu de l'art. 176 al. 3 CC, relatif à l'organisation de la vie
séparée, lorsque les époux ont des enfants mineurs, le juge ordonne les mesures
nécessaires, d'après les dispositions sur les effets de la filiation (cf. art.
273 ss CC); il peut notamment confier la garde des enfants à un seul des
parents (art. 297 al. 2 CC). Les principes posés par la jurisprudence et la
doctrine en matière de divorce sont applicables par analogie (BRÄM, Commentaire
zurichois, n° 89 et 101 ad art. 176 CC). La règle fondamentale en ce domaine
est l'intérêt de l'enfant, celui des parents étant relégué à l'arrière-plan. Au
nombre des critères essentiels entrent en ligne de compte les relations entre
parents et enfant, les capacités éducatives respectives des parents, leur
aptitude à prendre soin de l'enfant et à s'en occuper personnellement ainsi
qu'à favoriser les contacts avec l'autre parent; il faut choisir la solution
qui, au regard des données de l'espèce, est la mieux à même d'assurer à
l'enfant la stabilité des relations nécessaires à un développement harmonieux
des points de vue affectif, psychique, moral et intellectuel; ce dernier
critère revêt un poids particulier lorsque les capacités d'éducation et de soin
sont similaires (ATF 117 II 353 consid. 3 p. 354/355; 115 II 206 consid. 4a p.
209 et 317 consid. 2 p. 219; 114 II 200 consid. 5 p. 203/204).
Le juge appelé à se prononcer sur le fond qui, par son expérience en la
matière, connaît mieux les parties et le milieu dans lequel l'enfant est amené
à vivre, dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Le Tribunal fédéral
n'intervient que lorsque le juge, sans aucun motif, a écarté des critères
essentiels pour la décision sur l'attribution des enfants ou, à l'inverse,
s'est fondé sur des éléments dépourvus d'importance au regard du bien de
l'enfant ou contrevenant aux principes du droit fédéral (ATF 117 II 353 consid.
2 p. 355).

3.2 La cour cantonale a retenu que les capacités respectives des parents à
assurer la garde des enfants sont reconnues par le SPMi. Sur le plan de leur
stabilité affective ou psychique, malgré les reproches respectifs des parties,
il n'existe pas non plus de critère distinctif. Quant à l'épisode ayant précédé
le dépôt de la requête de mesures protectrices de l'union conjugale, il est
isolé et n'a pas concerné directement les enfants; si des éclats de voix ou des
écarts de langage ont été constatés entre les époux, il ne s'agit pas non plus
de circonstances d'une gravité telle qu'elles empêcheraient l'un ou l'autre des
parents d'exercer une garde sur les enfants. Enfin, les renseignements transmis
par le psychiatre de l'appelant démontrent que celui-ci a été capable
d'entreprendre un travail sur lui-même et que, au terme de plusieurs années, le
résultat semble satisfaisant. Le SPMi, pour justifier l'attribution de la garde
à la mère, a insisté sur le fait que celle-ci paraissait plus encline que le
père à respecter une implication régulière des deux parents. Cette
appréciation, reprise par le Tribunal de première instance, paraît trop
générale selon la cour cantonale: le SPMi a lui-même constaté que les
réticences du père étaient limitées aux aspects éducatifs alors qu'il ne
remettait pas en cause le maintien d'une relation affective des deux parents.
Cette seule assertion de l'appelant n'est pas suffisante pour privilégier la
solution de la garde auprès de la mère. Le SPMi - et à sa suite le Tribunal de
première instance - a également justifié l'attribution de la garde à la mère
par le fait que celle-ci concevait un plus grand équilibre entre la vie
intellectuelle des enfants et leur vie sociale et affective. Ce jugement de
valeur repose sans doute sur le constat que le père encourage de nombreuses
activités extra-scolaires, ce qui semble moins être le cas de la mère qui
privilégie les temps de repos; or, en l'état de la procédure, il ne semble pas
que ce choix du père soit préjudiciable aux enfants. D'ailleurs, à l'âge que
les enfants atteignent, il faut partir du principe que ce choix est partagé par
les intéressés. Dès lors, ces circonstances ne sont pas à ce point
déterminantes pour justifier l'attribution de la garde à la mère.

La cour cantonale a ensuite pris en considération le fait que c'est le père
qui, déjà du temps de la vie commune, a principalement assumé les tâches
d'éducation auprès des enfants, élément important pour assurer une stabilité de
ceux-ci sur le plan scolaire. C'est également le père qui dispose de l'emploi
du temps le plus adapté pour assurer ces tâches ainsi que pour accompagner les
enfants à leurs activités extra-scolaires. Sur ce point, s'il est exact que
l'aîné des enfants peut certainement se rendre seul à certaines de celles-ci,
en revanche, cela semble moins évident pour la cadette, âgée de neuf ans,
surtout si ces activités, par exemple l'équitation, se déroulent à la campagne.
En fonction de ces éléments objectifs, les juges précédents ont admis que
l'attribution de la garde au père est susceptible d'offrir une meilleure
stabilité pour les enfants.
3.3
3.3.1 La recourante reproche à la cour cantonale d'être tombée dans
l'arbitraire en admettant que l'intimé présente la même stabilité affective et
psychologique qu'elle-même. Elle fait valoir que son époux a suivi, depuis
2003, une thérapie auprès d'un psychiatre, qu'il a achevée en juillet 2008.
Comme l'ont retenu les juges précédents, le résultat "semble" satisfaisant. En
outre, son médecin a indiqué au SPMi que son patient "se sent" en mesure de
gérer le contexte de la séparation, ce qui était impensable quelques années en
arrière. Enfin, l'intimé a fait preuve de violence à l'égard de son épouse,
épisode que celle-ci reproche aux juges précédents d'avoir banalisé en le
qualifiant d'isolé et en mentionnant qu'il n'a pas concerné directement les
enfants. Selon la recourante, il subsiste au vu des éléments qui précèdent des
incertitudes importantes quant à la stabilité psychologique de l'intimé, de
sorte qu'il serait arbitraire de conclure que celui-ci offre une meilleure
stabilité aux enfants.
Par cette critique, en grande partie appellatoire, la recourante joue sur les
mots et se borne, en réalité, à substituer sa propre appréciation des faits à
celle de la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait arbitraire.
Partant, elle est irrecevable (cf. supra, consid. 1.2). Pour le surplus,
lorsqu'elle invoque que l'intimé aurait été dispensé d'accomplir l'armée pour
le motif qu'il était dépressif, elle se fonde sur des faits que la décision
attaquée ne constate pas, sans toutefois faire grief aux juges précédents de
les avoir à tort omis alors qu'ils étaient prouvés. Son argumentation est par
conséquent irrecevable (cf. supra, consid. 1.3).
3.3.2 La critique de la recourante est infondée lorsqu'elle tente de remettre
en cause l'appréciation de la cour cantonale quant à l'aptitude de chacun des
parents à favoriser les contacts avec l'autre. A cet égard, le rapport du SPMi
retient que "en terme de reconnaissance du rôle parental de chacun, Dame
X.________ semble, en l'état, accorder une plus grande importance au maintien
d'une implication régulière des deux parents, au vu de la complémentarité de
leurs apports respectifs à l'égard des enfants; X.________, pour sa part, sans
remettre en question le maintien d'une relation affective de ces derniers avec
chacun des parents, préconise, par rapport aux aspects éducatifs, le retrait du
parent non gardien, au vu des divergences parentales sur ce plan". Dans cette
mesure, on ne saurait retenir que la cour cantonale a versé dans l'arbitraire
en jugeant que les réticences du père sont limitées aux aspects éducatifs,
alors qu'il ne remet pas en cause le maintien d'une relation affective avec les
deux parents.

En outre, en tant que la recourante fait grief à la cour cantonale d'avoir
considéré que cela suffirait, a contrario, pour attribuer la garde au père,
sans démontrer toutefois pour quelle raison, son argumentation est dénuée de
pertinence; ce n'est pas, en effet, sur la base de ce seul élément que les
juges précédents ont admis que l'attribution de la garde au père est
susceptible d'offrir une meilleure stabilité aux enfants.
3.3.3 Enfin, la recourante fait grief à la cour cantonale d'avoir admis que
l'intimé serait plus disponible qu'elle pour s'occuper personnellement des
enfants. L'intimé est, en effet, enseignant à plein temps auprès du Département
de l'instruction publique, alors qu'elle travaille à 60% comme éducatrice.
Selon la recourante, ces constatations seraient en contradiction avec la
conclusion des juges précédents, aux termes de laquelle c'est le père qui
dispose de l'emploi du temps le plus adapté pour assurer les tâches d'éducation
ainsi que pour accompagner les enfants à leurs activités extra-scolaires.
Cette critique est insuffisante pour démontrer l'arbitraire de l'appréciation
juridique de l'autorité cantonale. S'il est établi que l'intimé travaille à
plein temps comme enseignant - de sorte que son emploi du temps et ses vacances
se calquent sur ceux des enfants -, la recourante, qui travaille à 60% dans une
crèche située dans le canton de Vaud, réalise en outre une activité
indépendante dans le domaine des consultations ayurvédiques et psychologiques,
dans le cadre de laquelle elle admet réaliser un gain supplémentaire net de 700
fr. par mois. L'arrêt attaqué n'indique pas le nombre d'heures consacrées par
l'intéressée à cette activité. Celle-ci implique cependant nécessairement que
son occupation professionnelle dépasse le taux de 60%. Pour le surplus, la
recourante ne s'en prend pas aux constatations de fait de la cour cantonale
quant à l'emploi du temps respectif des parties et ne tente pas de démontrer
qu'elle serait plus disponible que l'intimé pour s'occuper des enfants.
Partant, la seule comparaison des taux d'activité des parties ne suffit pas à
établir que la cour cantonale aurait fait preuve d'arbitraire. Enfin, la
recourante se fonde sur des faits que l'arrêt cantonal ne constate pas
lorsqu'elle fait valoir que sa fille se rendrait seule et à pied à
l'équitation, dans la mesure où cette activité aurait lieu à seulement quelques
mètres de son domicile, ou encore lorsqu'elle soutient que la cour cantonale
aurait versé dans l'arbitraire en lui imposant un droit de visite le jeudi
alors qu'elle travaillerait ce jour de la semaine, étant disponible les mardis
et mercredis. Dans la mesure où la recourante ne démontre pas, ni ne soutient
du reste, que les juges précédents auraient établi les faits de manière
manifestement inexacte, son argumentation est irrecevable (cf. supra, consid.
1.3). Au demeurant, elle ne prend pas de conclusions subsidiaires tendant à la
modification de son droit de visite, pour le cas où la cour de céans
confirmerait l'attribution de la garde des enfants à l'intimé.
3.3.4 En définitive, la recourante n'établit pas en quoi la cour cantonale, qui
dispose à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation (cf. supra, consid. 3.1),
aurait arbitrairement appliqué le droit fédéral pertinent et les principes
jurisprudentiels y relatifs en attribuant la garde des enfants à leur père.

3.4 Dès lors que l'attribution de la garde des enfants au père doit être
confirmée, il n'y a pas lieu d'examiner la question de la contribution que la
recourante réclame pour l'entretien de la famille dans l'hypothèse où la garde
lui serait confiée.

4.
Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est
recevable. La recourante, qui succombe, supportera les frais judiciaires (art.
66 al. 1 LTF) et versera des dépens à l'intimé (art. 68 al. 1 LTF). Le recours
étant manifestement voué à l'échec, la requête d'assistance judiciaire est
rejetée (art. 64 al. 1 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
La requête d'assistance judiciaire de la recourante est rejetée.

3.
Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge de la
recourante.

4.
Une indemnité de 3'000 fr., à payer à l'intimé à titre de dépens, est mise à la
charge de la recourante.

5.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre civile de la Cour
de justice du canton de Genève.

Lausanne, le 26 mars 2010

Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse
La Présidente: La Greffière:

Hohl Aguet